
Elle a souligné d’entrée que le Réformateur de la région s’appelait Guillaume Farel. Il arrive à Gap puis à Molines. Le protestantisme se développe assez vite dans le Queyras. Soit à cause des Vaudois (qui y sont passés plus que restés) soit à cause du Royaume des Escartons (les citoyens étaient beaucoup plus lettrés qu’ailleurs et auraient accueillis favorablement la Bible et sa lecture). En 1550-1555, des répressions sont mentionnées dans les registres mais aussi des édifications de temple. Ce n’était donc pas une persécution comme il y en aura en 1567. En 1574, une autorité judiciaire de Grenoble met les protestants de Molines sous protection. En 1577, une communauté protestante est présente à Arvieux. Quand la vallée est protestante, les prêtres sont priés de partir.
En 1588, Lesdiguière et un catholique arrivent à un accord. Dix ans donc avant l’Edit de Nantes. En 1598, quand l’Edit est signé, on a une Eglise à Arvieux, une à Chateau-Queyras et une à Molines. 80 à 90% de la population est protestante. Après la mort d’Henri IV, il y a un affaissement des libertés protestantes. Des curés sont envoyés dans le Queyras pour convertir les protestants. Une « caisse de conversion » est créée. Un certain nombre de protestants abjure. En 1670, le culte protestant est interdit dans les « annexes » (Aiguilles, Brunissard, Pierre-Grosse…). En 1681, la décision est prise de détruire les temples. Le métier de sage-femmes est interdit aux protestantes. En 1685 les dragons du roi interviennent dans la région. C’est l’année où est publiée au niveau nation l’Edit de Fontenaibleau qui révoque l’Edit de Nantes. Dès lors, on constate un mouvement important d’abjuration. En 1700, ceux qui ne l’avaient pas fait le font pour pouvoir se marier. Mais, comme dans les Cévennes, c’est une abjuration de surface. Il y a des cultes « au Désert » animés par des pasteurs itinérants. Quand ces assemblées du Désert sont surprises, les hommes sont envoyés aux galères. Les risques sont tellement importants que beaucoup choisissent l’exil. 6000 personnes partent, peut-être moins, pour l’Italie, la Suisse, l’Allemagne, la Hollande. Mais l’exil n’est pas facile.
En 1789, c’est la Révolution. Un édit de tolérance concerne les protestants. EN 1802, le Concordat protège toutes les églises, catholiques et protestantes. Les Eglises protestantes du Queyras se rattachent aux Eglises vaudoises. Puis, quelques années après, à l’Eglise d’Orcières. En 1807, le temple d’Arvieux est reconstruit, après ceux de Saint-Véran, de Pierre-Grosse et de Fontgillarde (en 1804).
Prochaine conférence : Le lundi 4 août à 18h au temple de Saint-Véran : Olivier Richard-Mollard et Joëlle Randegger échangeront sur le protestantisme aujourd’hui.